Mise en lumière des abus et des exploitations illégales en Afrique centrale

Le journalisme de Mongabay a mis en lumière des enjeux environnementaux et de droits humains urgents à travers l’Afrique, aboutissant à des conclusions exploitables. Voici deux exemples d’articles qui illustrent l’impact d’un reportage objectif et factuel sur les menaces socio-économiques pesant sur le bassin du Congo et l’Afrique centrale, révélant un récit saisissant d’exploitation.

Mise en lumière des abus envers un groupe autochtone en RDC

En 2021, Mongabay a publié un reportage révélant que, selon le Forest Peoples Programme, le nombre d’attaques des forces de sécurité contre les villages autochtones Batwa dans le parc national de Kahuzi-Biega, en République démocratique du Congo (RDC), avait triplé au cours des dernières semaines de l’année. Les soldats de la RDC et les gardes du parc ont été accusés d’avoir incendié plusieurs villages Batwa, provoquant la mort d’un homme et probablement d’une femme enceinte, ainsi que blessant au moins deux autres femmes lors de raids qui ont duré jusqu’à la mi-décembre.

Des groupes de défense des droits des peuples autochtones ont donc exigé une enquête officielle sur ces rapports, appelant également les bailleurs de fonds du parc à se pencher sur les crimes présumés commis avec leur argent. La direction du parc a toutefois nié la présence de villages Batwa dans le parc, et affirmé que la cible des raids était un homme armé responsable d’une attaque mortelle dans la ville de Bukavu.

« La conservation-forteresse, qui consiste à séparer les communautés de leurs terres ancestrales pour protéger une biodiversité souvent menacée, est un problème récurrent auquel sont confrontés les peuples autochtones et les communautés locales », explique Latoya Abulu, rédactrice pour le pôle Peuples autochtones de Mongabay. « Je suis souvent confrontée à des allégations ou à des preuves de violations des droits humains commises par les gardes armés qui patrouillent dans les zones protégées. Il arrive que des affrontements entre un membre d’une communauté locale entrant dans une zone protégée (que ce soit pour chercher de la nourriture ou des plantes médicinales pour sa famille affamée, ou pour participer à un trafic illégal de bois) et un garde mal payé, peu formé ou corrompu, dégénèrent en violences extrêmes. La violence physique infligée va des passages à tabac et actes de torture jusqu’au meurtre. »

Des entreprises chinoises impliquées dans la déforestation et l’exploitation minière illégales dans le nord de la RDC

Un tronc en décomposition sur le site de Fodeco, une entreprise de coupe de bois appartenant à des intérêts chinois et opérant dans la province de Tshopo, la plus grande région forestière de la RDC. Il n’est rentable pour l’entreprise d’expédier les grumes que si elle parvient à en extraire une quantité suffisante de la forêt. Image de Gloria Pallares/El País.